La mérule dans les constructions immobilières

Mis à jour le 14 avril 2019

La mérule dans les constructions immobilières

carte de France des zones sensibles à la mérule
Carte de France des zones sensibles à la mérule

La mérule  est un champignon lignivore qui prospère dans les constructions et s’attaque aux bois, notamment aux charpentes et boiseries des maisons humides et mal aérées. Dans la majorité des cas, la mérule se niche  derrière un doublage, d’où sa détection tardive. Sa présence dans les constructions n’est pas intrinsèque à un type constructif. Sa découverte est souvent faite suite à des travaux d’aménagement, comme la dépose d’éléments.

Sa naissance est généralement due à une rupture de l’équilibre hydrique des bâtiments entraînant un taux anormalement élevé d’humidité des éléments de bois. La rupture hydrique apparaît bien souvent à la suite de défauts d’entretien, de dégâts des eaux ou d’erreurs de conception lors de réhabilitations (enduits étanches intempestifs, obturations des ventilations, non-respect de l’équilibre originel de la construction).

D’autres facteurs non liés au bâti, comme la sur-occupation ou le mode d’occupation du bâtiment, peuvent également être à l’origine de surproduction de vapeur d’eau.

Facilement détectable par les professionnels, elle l’est malheureusement à un stade avancé de colonisation engendrant alors d’importants dégâts pouvant aller jusqu’à l’effondrement des structures attaquées.

C’est donc aux locataires, propriétaires, maîtres d’ouvrages et maîtres d’œuvre qu’il appartient d’être vigilants, notamment lors des travaux de réhabilitation. Il convient pour cela de respecter le bon fonctionnement du bâti vis-à-vis de l’humidité, d’une part en adaptant les éventuels travaux au mode de fonctionnement particulier du bâtiment et au comportement des occupants et, d’autre part, en surveillant et en entretenant régulièrement le bâtiment.

La lutte contre la mérule est désormais reconnue, grâce à la loi Alur, comme un fléau aux conséquences financières et sanitaires importantes.

La loi  comporte quatre niveaux d’obligations

– Pour le propriétaire : la déclaration obligatoire en mairie par les occupants (locataires, propriétaires ou syndics de copropriété si la mérule est située dans les parties communes) dès lors qu’une présence de ce champignon parasite est détectée

– Pour le Préfet : la délimitation, au niveau départemental, des zones de présence d’un risque de mérule par arrêté préfectoral lorsque plusieurs foyers ont été identifiés

– Pour l’opérateur en diagnostic : l’obligation d’information sur la présence d’un risque de mérule en cas de vente d’un bien immobilier situé dans une zone concernée par l’arrêté préfectoral ; Cependant, l’article 76 ne rend pas le diagnostic mérule obligatoire

– Pour l’entreprise de traitement : le traitement ou l’incinération sur place des bois et matériaux contaminés avant tout transport, en cas de démolition partielle ou totale d’un bâtiment infesté.

La marque CTBA+, qui est à ce jour la seule certification de services du domaine des traitements préventifs et curatifs des bois et du bâti, salue cette avancée et reconnaît que la réglementation va dans le bon sens « même s’il reste encore beaucoup à faire pour informer les professionnels comme les particuliers« . Notamment, elle met le doigt sur le traitement des déchets infestés, qu’elle considère comme un « dispositif pas si évident à mettre en œuvre« . En effet, si la loi Alur impose de traiter les matériaux sur place, le déplacement des déchets de démolition contaminés par la mérule n’a aucune incidence sur le développement de l’infestation. Et de rappeler l’intérêt de faire appel à des entreprises spécialisées certifiées CTBA+, qui, seules, auront la capacité, au moment de la démolition, de faire un repérage précis des zones où l’infestation est active, ce qui permettra de limiter le traitement au strict nécessaire.

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